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Tombolia-Plateau 1 : un conflit foncier ravive les tensions entre les familles Diaby et Daffé

12 mai 2026

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Une opération de déguerpissement menée ce lundi 11 mai 2026 dans le secteur Industrie, à Tombolia-Plateau 1, a remis au premier plan un vieux différend domanial opposant depuis plusieurs années les familles Diaby et Daffé. Sur ce site où vivent plusieurs ménages, les deux parties revendiquent des droits sur le terrain, chacune s’appuyant sur des documents et des procédures judiciaires.

Très tôt dans la matinée, des policiers accompagnés de jeunes civils sont intervenus pour évacuer les occupants des lieux. L’opération, menée sous la supervision de Batourah Diaby, s’est rapidement transformée en scène de tension. Plusieurs habitations ont été partiellement démolies, tandis que des portes, fenêtres et tôles ont été retirées.

Des occupants surpris par l’opération

Sur place, des familles disent avoir été prises de court. Certaines affirment ne pas avoir eu le temps de récupérer leurs biens avant le début des démolitions. « Nous n’avons pas été avertis. Ils sont tombés sur nous comme ça, tôt le matin, pour nous déguerpir. Nous avons quand même appris qu’il y avait des problèmes autour de ces lieux. On nous dit que ce n’est pas au véritable propriétaire que nous payons le loyer. C’est Monsieur Diallo, qui sert d’intermédiaire entre nous et la famille Daffé, qui ne nous a jamais dit que nous devions quitter les lieux. Nous n’étions pas au courant. Les policiers, accompagnés de jeunes civils, sont venus nous déguerpir. Ils ont endommagé les portes et les fenêtres. Certains de nos objets ont également été détruits. Personnellement, je n’ai pas encore fait l’inventaire des dégâts », a témoigné une occupante rencontrée sur les lieux.

Au milieu des gravats et des effets dispersés, plusieurs habitants dénoncent une intervention brutale, marquée par des dégâts matériels importants.

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Batoura Diaby évoque l’exécution d’une décision de justice

De son côté, Batourah Diaby soutient agir dans le cadre légal. Selon lui, le domaine appartient à sa famille depuis plusieurs décennies et plusieurs décisions judiciaires auraient confirmé cette propriété. « Les lieux ne m’appartiennent pas personnellement, ils appartiennent à notre père. Depuis l’époque de Lansana Conté, plusieurs jugements, allant jusqu’à la Cour suprême, ont toujours établi que cette propriété revient à notre famille. Mais le nommé Daffé s’y est toujours opposé. Tout le quartier sait pourtant que ces lieux nous appartiennent », a-t-il expliqué.

Il affirme également avoir entrepris plusieurs démarches avant d’en arriver à cette opération de déguerpissement. « À plusieurs reprises, à travers les autorités du quartier, j’ai demandé que les occupants libèrent les lieux, sans succès. Aujourd’hui, nous avons donc exécuté une décision de justice », a-t-il ajouté, rappelant que le conflit aurait déjà donné lieu à d’autres incidents par le passé.

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Moustapha Daffé conteste la démarche

Face à ces accusations, Elhadj Moustapha Daffé reconnaît ne pas être propriétaire du terrain, mais affirme avoir obtenu de l’État un certificat de jouissance lui permettant d’occuper et d’exploiter le site situé dans une zone industrielle. « Cela fait plus de 10 ans maintenant, ce monsieur m’a trouvé sur le site. Il m’a dit que le terrain appartient à son père. Je lui ai dit carrément qu’attention monsieur, je ne disconvient pas mais c’est l’Etat qui m’a donné ce terrain, j’ai tous les papiers. Je suis passé officiellement, j’ai donc fait une demande, on m’a donné le terrain à travers un certificat de jouissance », a-t-il déclaré.

Le fonctionnaire à la retraite affirme avoir engagé plusieurs procédures judiciaires après les premiers différends avec Batourah Diaby. Selon lui, une ordonnance interdirait même toute intervention sur les lieux avant une décision définitive de justice. « Après ces manigances, ils ont même fait une ordonnance lui interdisant de foutre pied sur ces lieux tant que la justice ne tranche définitivement ce dossier. J’ai l’ordonnance là », a-t-il soutenu.

M. Daffé dit également ne pas comprendre comment la démolition a pu être engagée alors qu’une autorisation administrative aurait, selon lui, été refusée à son adversaire. « Aujourd’hui, à mon fort étonnement, j’ai appris qu’il a envoyé des loubards pour démolir la maison sans passer par l’habitat pour avoir un permis de démolir, ni passer par le tribunal qui va délivrer l’autorisation de démolir », a-t-il dénoncé, promettant de poursuivre l’affaire par voie légale.

Les autorités locales disent avoir prévenu les occupants

Interrogé sur le dossier, le chef du secteur Industrie, Amara Soumah, affirme que les autorités locales avaient entrepris des démarches depuis plusieurs mois afin d’éviter une telle situation. « Après ma prise de fonctions, la famille Batourah Diaby est venue me voir pour m’informer qu’elle disposait d’une autorisation pour démolir la maison. Avec ces documents, nous sommes allés voir le chef de quartier », a-t-il expliqué.

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Selon lui, les occupants avaient été avertis bien avant cette intervention. « Avec les agents de justice, je me rappelle que nous étions venus avertir les locataires qu’ils devaient libérer les lieux. Cela fait plus d’un an et six mois. Quiconque affirme ne pas avoir été informé ne dit pas la vérité », a-t-il indiqué.

Pendant que les différentes parties campent sur leurs positions, l’opération de démolition se poursuivait encore dans la journée de lundi. Cette affaire, qui mêle décisions judiciaires, documents administratifs et revendications familiales, pourrait connaître de nouveaux rebondissements dans les prochains jours.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

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Last modified: 12 mai 2026

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